Wednesday, 31 July 2019
Thursday, 5 April 2018
Puissance de la douceur
"La douceur est ce qui retourne l'effraction traumatique en création. Ce qui sur la nuit hantée pose de la lumière, sur le deuil un visage aimé, sur l'effondrement de l'exil une promesse de rive où se tenir. C'est ainsi qu'entre la lumière, empreinte plus forte que l'envie d'y revenir, plus forte que l'objet perdu de la mélancolie ou du renoncement.
Pour approcher, voire guérir d'un trauma, il faut pouvoir aller jusque-là où le corps a été atteint. Il faut coudre une autre peau sur la brûlure de l'événement. Fabriquer une enveloppe protectrice ad minima sans quoi aucune délivrance n'est possible, car alors le trauma fera hantise dans la vie de l'individu. La douceur est l'une des conditions de cette reconstruction.
Le trauma est un ravissement négatif. Le sujet est ravi à lui-même, son moi ne gouverne plus, il est emporté, démâté, quelque chose le saisit qui le fait revenir à ce moment de l'existence où il n'était pas encore constitué ni construit mais déjà entièrement existant. Le trauma est une subversion qui ordonne un exil. De n'en rien vouloir savoir fait le lit de toutes les dépressions, du régime du renoncement le plus radical à celui en demi-teintes de la dépression blanche. Et des médicaments rafistoleront l'envie d'exister ou le chagrin d'amour ou l'échec professionnel ou le sentiment d'imposture, car rien ne vient recoudre cette plaie. Rien d'autre que la création, qui la rouvre aussi autrement et ailleurs, mais sur un terrain moins mouvant."
Anne Dufourmantelle - Puissance de la douceur
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Thursday, 8 February 2018
Le monde de Sophie
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Sunday, 31 December 2017
Saturday, 30 December 2017
Friday, 29 December 2017
Thursday, 28 December 2017
Les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses
"Lire, c'est disparaître.
Lire, c'est faire corps avec soi-même.
Lire, c'est éteindre le bruit des autres pour tenter d'atteindre sa propre mélodie.
Lire, c'est oublier, tout oublier, y compris ses lectures passées, toutes ces histoires qui sommeillent dans nos arrières-mémoires et qui ne demandent qu'à resurgir à l'improviste, ces pages entières qui nous tombent dessus-mais jamais, justement, quand on lit, quand on lit vraiment.
Lire, c'est dégager le terrain, faire table rase, retrouver l'innocence.
Lire, c'est ne plus avoir peur-des autres mais plus encore de soi.
Lire, c'est c'est se mettre en retrait du monde-pour pouvoir mieux y entrer quand cela nous chante.
Lire, c'est engager et expérimenter sa propre liberté, la redéfinir, la reconstruire sans cesse, en sachant que c'est un chantier qui ne sera jamais terminé.
Lire, effectivement, c'est se mettre en danger."
Laure Adler et Stefan Bollmann - Les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses
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